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MIPIM 2026, la FIABCI à l'honneur

  • 18 mars
  • 5 min de lecture

Dernière mise à jour : 18 mars

Cannes, 9-13 mars 2026. Cette année encore, Cannes a vibré au rythme du MIPIM, le rendez-vous mondial de l'immobilier. Mais pour la délégation française, une image s'imposait dès l'arrivée sur la Croisette : un immense panneau publicitaire couvrant la façade du Palais des Festivals rendait la FIABCI tout simplement incontournable, affirmant avec éclat la présence et le rayonnement de la fédération internationale sur la scène mondiale de l'immobilier.


La délégation FIABCI France au cœur de l'action

La FIABCI France était représentée cette année par d'éminents représentants de son bureau. Son président, Stéphane Imowicz, a fait le déplacement à Cannes accompagné de plusieurs membres du bureau : Emmanuel Cordié, Léo Attias, Bernard Michel et Loïc Hervé. Parmi les temps forts de leur présence, la délégation a participé le lundi 9 mars au Housing Reboot Workshop, l'atelier dédié aux solutions concrètes face à la crise mondiale du logement, organisé dans le cadre du programme Housing Matters! Pour cet événement, d'autres personnalités de l'immobilier français étaient présentent, Sandie Michelis (Grand Paris Aménagement), Virginie Alonzi (Bouygues Construction), Julien Pemezec (Altarea), Sarah Bellier, Xavier Lépine, Alexandre Maïkovsky, Julie Cornuau (Vinci Immobilier), Meryem Ben Dhiaf (EY), Florian Phai (Swiss Life Asset Managers France) et Olivier Frard. Ce format, qui réunit promoteurs, aménageurs, investisseurs et décideurs publics autour de tables rondes interactives, a enregistré cette année une fréquentation en hausse de plus de 50 % par rapport à l'édition 2025, signe que la question du logement s'est définitivement installée au premier rang des préoccupations du secteur.

(article complet après le reportage photos)







Le regard de Bernard Michel : entre prudence et opportunités

Bernard Michel représentait au MIPIM 2026 VIVERE, le think tank qu'il préside, aux côtés de Stéphane Imowicz d'Ikory Project Services. Ensemble, ils ont pris part à la table ronde « France » du Housing Reboot Workshop, un atelier collaboratif conçu pour transformer les idées en actions concrètes, réunissant dirigeants, innovateurs et spécialistes des politiques publiques autour de sept tables thématiques : la France, le logement étudiant, le logement senior, les acteurs publics, le sans-abrisme et la problématique « Tech et Climat ». Parmi les autres experts présents à cette table : Sandie Michelis (Grand Paris Aménagement), Virginie Alonzi (Bouygues Construction), Julien Pemezec (Altarea), Sarah Bellier, Xavier Lépine, Alexandre Maïkovsky, Julie Cornuau (Vinci Immobilier), Meryem Ben Dhiaf (EY), Florian Phai (Swiss Life Asset Managers France) et Olivier Frard.

Les échanges ont porté sur des enjeux structurels : la nécessité d'intégrer les évolutions économiques, démographiques et sociétales dans une approche pluridisciplinaire et multi-usages ; le blocage des investissements, qu'il s'agisse de la rentabilité du logement, de la complexité réglementaire, de la rigidité du financement bancaire ou des difficultés de solvabilité des jeunes ménages ; le recours aux nouvelles formes de financement telles que l'emphytéose, le leasing ou le démembrement ; l'intérêt des projets mixtes articulant résidences gérées et lien social intergénérationnel ; enfin, la priorité accordée au logement abordable, une thématique qui, selon les participants, a largement structuré les tables rondes anglophones de l'événement.


Le think tank VIVERE

De ces débats, le think tank VIVERE a tiré trois messages clés. Le premier est sans ambiguïté : sans investisseur privé, il n'y aura pas de choc d'offre. Il est donc indispensable de relancer massivement l'offre locative, en l'adaptant aux nouveaux besoins, et de débloquer l'investissement des particuliers comme des institutionnels, grâce à un statut fiscal spécifique pour le logement locatif intermédiaire — neuf et ancien. Le deuxième message appelle à lever les freins pour remettre la machine en mouvement : accélérer la construction de logements neufs, poursuivre la simplification réglementaire et développer la construction hors site. Le troisième enfin plaide pour une meilleure utilisation des capacités existantes en diversifiant les types de logements afin de mieux répondre aux parcours de vie : fluidifier la mobilité résidentielle, adapter le parc à l'évolution démographique, favoriser la réversibilité des usages et accélérer la transformation des bureaux en logements.

Au retour de Cannes, Bernard Michel a également livré ses premières réflexions sur le climat général qui régnait cette année au MIPIM. Son analyse, à la fois lucide et nuancée, mérite d'être partagée.


Optimisme mesuré dans un contexte de tensions

Ce qu'il a observé avant tout, c'est un optimisme mesuré. Dans un contexte de tensions géopolitiques persistantes, les investisseurs immobiliers abordent la période actuelle de façon raisonnée et disciplinée, loin de tout enthousiasme aveugle. La prudence s'impose face à la volatilité des marchés : si les flux de capitaux vers l'immobilier européen se renforcent indéniablement et si les liquidités sont disponibles, les investisseurs attendent davantage de visibilité, notamment sur l'évolution géopolitique à court terme — avant de s'engager. La compétition entre acteurs s'est par ailleurs considérablement intensifiée, même si les stratégies d'investissement dans le secteur n'ont pas été abandonnées.

Sur le plan des orientations, Bernard Michel note une renaissance du résidentiel comme classe d'actifs privilégiée : les investisseurs recherchent avant tout un revenu récurrent sur le long terme, et le résidentiel a bien performé malgré les obstacles administratifs. En Europe, les rendements résidentiels ont dépassé leur moyenne à long terme de 7,8 %. L'écart s'est creusé avec l'immobilier de bureaux, en proie à une crise profonde depuis la généralisation du télétravail. L'hôtellerie, les infrastructures et les centres de données complètent le tableau des classes d'actifs à privilégier.


Sélectivité, diversification, création de valeur

La sélectivité, la diversification et la création de valeur s'imposent comme principes directeurs : la gestion active et la transformation des actifs priment sur la prise de risque à court terme. L'intelligence artificielle s'affirme quant à elle comme un outil stratégique à part entière pour optimiser la gestion et accélérer la création de valeur. Sa conclusion est sans appel : dans un marché en profonde mutation, la discipline, la résilience et l'innovation sont les clés pour transformer la volatilité en opportunités durables.


Ce que dit le communiqué officiel du MIPIM

Le bilan chiffré du MIPIM 2026, publié le 13 mars par RX France, confirme l'ampleur de l'édition. Vingt mille délégués venus de 90 pays se sont réunis pour cette 36e édition, dont près d'un tiers d'investisseurs internationaux, un ratio qui illustre la vocation transactionnelle de l'événement autant que son rôle de baromètre mondial.

L'édition a été ouverte par une keynote de Philippe Aghion, Prix Nobel d'économie 2025, dont l'intervention a centré le débat sur l'accélération de l'intelligence artificielle et la nécessité d'un encadrement responsable au service du développement urbain durable.

Parmi les nouveautés notables figurent le RE-Family Summit, premier forum privé destiné aux family offices institutionnels venus de France, d'Allemagne, d'Italie, de Monaco et du Royaume-Uni, et le Data Centres Summit, lancé pour la première fois cette année et affiché complet dès son ouverture, reflet de l'appétit croissant des investisseurs pour cette classe d'actifs en hypercroissance.

Sur le plan diplomatique, la présence de Vincent Jeanbrun, ministre français de la Politique urbaine et du Logement, aux côtés de cinq autres ministres européens et africains, et des maires de Copenhague, Lisbonne, Madrid, Reykjavik, Riga, Rome et Stockholm, a confirmé la dimension politique de plus en plus affirmée du MIPIM. La France représentait 24 % des participants, la première communauté nationale de l'événement.

Les MIPIM Awards ont couronné dix projets exceptionnels dans onze catégories. Paris et Copenhague ont remporté le plus grand nombre de prix, tandis que le Sydney Fish Market recevait le Special Jury Award. Nicolas Boffi, directeur du MIPIM, a résumé l'esprit de la semaine : le marché immobilier a démontré sa résilience et son optimisme face à l'incertitude géopolitique, et le message unanime des délégués était celui de l'urgence d'agir.


Conclusion

MIPIM 2026 aura confirmé deux tendances de fond : la montée en puissance de la France comme acteur structurant du marché immobilier international, et l'affirmation de thématiques, logement abordable, data centres, intelligence artificielle, qui redessinent les priorités d'investissement pour les années à venir. La délégation FIABCI France, présente dès le premier jour dans les ateliers de fond, s'est inscrite au cœur de ces débats structurants.

Rendez-vous à Cannes du 15 au 19 mars 2027.



Reportage réalisé par Christophe Régnier et L'agence LA NOUVELLE ÉCONOMIE pour FIABCI - France.

Vous pouvez télécharger et utiliser les photos en citant l'auteur et l'agence comme suit :

Crédit photos :  Christophe Régnier www.lanouvelleeconomie.tv 

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